histoire d'hier et d'aujourd'hui, tourisme, balades,
Mes grands-parents arrivent à Legé au début des années 20 comme domestiques au service de la famille A. Je dis " domestiques" sans connotation péjorative, car c'est ainsi que se nommait leur fonction. La Vendée, terre de servitude, vivait sur l'équation maître-valet. Cette dépendance perdura jusque dans la seconde moitié du XXeme siècle dans certain fief vendéen.
Ils habitent une maison au milieu de la rue des Sables. Cette maison n'existe plus aujourd'hui, remplacée par la rue Louis Couvreur, qui relie la rue des Sables à la place de l'Eglise. L'espace consenti à la voirie comprenait également des remises et maisons en bordure de ces lieux reliés par des jardins. L'ensemble appartenait à la famille A. composée de Monsieur Henri, médecin à Palluau, Madame sa femme, Mademoiselle An. leur fille, et Mademoiselle Yvonne, soeur de Monsieur.
De l'autre côté de la rue, "La grande maison" ! dont mes grands-parents avait la charge. Maison bourgeoise, légèrement en retrait, précédée d'une terrasse, et flanquée de remises et dépendances, à l'arrière, abrité des regards, un grand jardin d'agrément.
A quelques 5OO mètres de là, un immense jardin potager entretenu par mon grand-père fournissait en légumes tout au long de l'année la famille A. D'autres prés ou champs disséminés dans la campagne environnantes venaient compléter ce riche patrimoine. A cela venaient s'ajouter d'autres domaines exploités par des métayers ainsi que des résidences dans diverses villes nord-vendéennes, sans oublier la villa au bord de la mer.
La famille A., comptait parmi les notables légeens et plusieurs de ses ancêtres s'illustrèrent dans la vie locale, ou pendant la révolution. Des dons pour la construction d'une école ou toute autre oeuvre de bienfaisance leur conféraient une notoriété imposant le respect, comme en atteste le premier banc de l'église qui leur était réservé dont une petite plaque en cuivre décourageait discrètement quiconque voulait transgresser ce privilège. Sauf pour ma grand-mère qui assistait à l'office chaque dimanche en lieu et place de ces messieurs, dames. Ultime privilège !!!!!
Inutile de vous dire qu'il n'était pas question d'arriver en retard !!!!
Petit à petit, la maison de Legé s'est vidée de ses occupants. Du plus loin que remontent mes souvenirs, je n'ai jamais connu cette maison habitée, seulement hantée par les portraits grandeur nature de ces jeunes filles en fleur ou de cet ancêtre conquérant.
Mais je vous ferais visiter un jour cette " grande maison" qui a si bien su nourrir mon imagination d'enfant.
A tantôt !.
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