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maîtres et valets

La Vendée , terre de servitude , vivait sur la dualité maître et valet. Cette dépendance perdura jusque dans la seconde moitié du XXeme siècle, même si la guerre et le modernisme latent modifièrent les rapports.

 

 

 

Quelques gros propriétaires terriens se partageaient les terres agricoles vendéennes. Leur important patrimoine leur assuraient de conséquents subsides : maison de bourg, maison de maîtres, villa au bord de mer, fermes et métairies. Chaque domaine était pourvu en personnel .Pour assurer la bonne tenue de leurs biens les maîtres s’attachaient les services d’une importante domesticité : métayers, jardiniers, gens de maison.... Il y avait évidemment de bons maîtres et d’autres moins soucieux du bien-être de leurs subordonnés. Travailler dans la maison de ….., pour la famille X… suscitait l’envie d’être bien « tombé » ou son contraire. Etre engagé à vie par une famille était l’assurance du gîte et du couvert à vie pour toute la famille.

 

 

 

Maître et domestiques constituaient une micro société, liés les uns aux autres et partageant parfois une certaine intimité, sans que quiconque ne cherche à transgresser les règles établies. Les domestiques étaient totalement dévoués à leurs maîtres, répondant au moindre appel. En contrepartie, ils étaient logés, nourris, blanchis, éclairer, chauffer. Une interdépendance qui peut paraître lourde aujourd’hui, mais qui à cette époque, était un phénomène social tout à fait naturel. Tout le monde s’ y retrouvait.

 

 

 

Chaque lieu d’habitation possédait un jardin potager, ainsi qu’une basse-cour dont les produits bénéficiaient autant aux uns qu’aux autres.  Les métayers cultivaient blés, vignes nécessaires à tout un chacun, ainsi qu’un cheptel fournissant le lait et ses dérivés (beurre, crème). Le bois de chauffage résultait de l’entretien des haies et des coupes de parcelle dans les forêts environnantes. A l’exception de la viande de boucherie, du poisson et de l’épicerie, tout était autoproduit.

 

 

 

Quand l’heure des grands rendez-vous agricoles arrivaient (vendanges, foins, moissons) l’ensemble des domestiques se mobilisait pour assurer les récoltes. Chacun recevait ensuite sa part pour l’année.

 

 

 

De ce fait, les salaires n’étaient pas très élevés, mais les besoins restaient modestes et chacun se satisfaisait de cette situation. Il faut dire qu’à cette époque l’industrie n’était pas très florissante dans les campagnes. Les métiers restaient liés à la terre ou au travail agricole : forgeron, maréchal-ferrant, bourrelier ou bien journalier, c’est-à-dire engagé pour la journée.

 

 

 

Les taches étaient bien définies. Les hommes travaillaient dans les champs, les femmes « tenaient » la maison, élevaient la basse-cour, récoltaient les légumes du potager, « tiraient » les vaches, vendaient le lait (les clients venaient chaque jour, soit le matin soit le soir acheter le lait à la ferme), faisaient le beurre etc…. et quand le besoin s’en faisait sentir, partait aider son mari dans les champs.

 

 

 

Les patrons colportaient les nouvelles au fur et à mesure de leurs visites dans les différents domaines. Ils n’étaient jamais indifférents et demeuraient très attentif aux évènements, heureux ou malheureux, qui marquait la vie de chacun. Quand un malheur arrivait, l’ensemble du clan se mobilisait. La fidélité, la reconnaissance se manifestaient dans les deux sens. Les maîtres savaient reconnaître la loyauté de leur « gens » et leur protection ne s’arrêtait pas avec la retraite. Aussi restait-il finir leur vie là où ils avaient toujours vécu.

 

 

 

Je ne fais pas une généralité de cette situation. Je raconte simplement la manière dont mes grands-parents ont vécu. Je sais qu’il n’en était pas de même partout. Ils ont eu la chance de « tomber » sur de bons « patrons ». Plusieurs membres de la famille travaillaient dans la même maison et je crois pourvoir dire que les sentiments vis-à-vis des maîtres étaient semblables.

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 03/12/2007

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