Jour de foire

Aujourd'hui, branle-bas de combat dans le bourg de Legé. C'est la foire !
Dans les villages alentour, on attend ce jour avec impatience. Aller à la foire, c'est un peu aller à la fête. C'est le jour du mois où l'on fait ses achats exceptionnels. Il faut dire que l'on trouve de tout: du tissu, des chaussures, des chapeaux, de la quincaillerie, de la mercerie, des ustensiles de cuisine, des outils ... et si par malheur, le marchand ou l'on a l'habitude d'aller est absent, gare aux représailles.

Pour qui connaît Legé , on imagine mal aujourd'hui un tel déballage. Rue de la chapelle, Place du Marché, la rue de l'Eglise, la rue des halles sont envahies par les camelots qui tôt le matin installent leurs tréteaux. Sous la halle, la marché alimentaire aves les étals traditionnels, maraîchers, poissonniers, charcutiers, mais aussi les paysannes derrière leur grans panier, venues vendre leur récolte, leurs oeufs et leur beurre salé, décoré d'une vache ou d'une fleur.
Le bourg est inaccessible aux véhicules. Il faut dire que les automobiles sont rares. Vers onze heure les affaires vont bon train, les camelots ventent leur marchandises , et pour le prix d'un article, on en a deux voire trois. Des attroupements se font autour des étalages pour écouter la verve de ces baratineurs. C'est un spectacle dont se délecte le public qui en redemande.

Pendant ce temps, au champ de foire, les paysans amènent leur bêtes à la foire aux bestiaux en espérant les vendre au meilleur prix. Dans un concert de hennissement, de meuglement veaux, vaches, chevaux sont attachés aux barres en attendant  le verdict du maquignon. Les discussions vont bon train, pas question de laisser partir l'animal au moindre coût. Les premières négociations s'amorcent, chacun campe sur ses positions, le dialogue est rompu, les acheteurs se succèdent, qui emportera le marché  ?....
La matinée avance, les tractations stagnent, le maquignon veut acheter, le paysan veut vendre, il faut se mettre d'accord alors chacun cède un peu de terrain. Marché conclu et pour conclure l'affaire, on se retrouve au café devant un petit verre de blanc.

Eglise

Les femmes ne sont pas en reste. Petit à petit, elles investissent la place de l'Eglise, traînant derrière elles la cage à claire-voie remplie de volailles ou de lapins. Elles s'intallent toujours à la même place, retrouvant ainsi les "copines" pour faire un brin de causette. A l'heure dite, le signal sonore annonçant le début des négociations retentit. Les marchands de volailles passent de cage en cage, tatent les rables des lapins, soufflent sur les plumes de poules pour examiner la peau, font une proposition. Indignation de la fermière qui , au grand jamais, ne laissera ses volatiles à ce prix là. Rendez-vous compte, des bêtes engraissées depuis des semaines, ha dame, non !!!!
Les volaillers défilent et le même rituel recommence inlassablement. Depuis le temps qu'elles viennent à la foire, elles les connaissent ces acheteurs, elles savent ceux qui en fin de foire seront plus facile à amadouer. Le jeu est subtil entre les deux partenaires, chacun connaît son adversaire.

Pourtant, pas question de repartir avec la cage pleine. Alors, les résistances commencent à faiblir. Une petite concession de chaque côté, une hésitation et puis on tombe d'accord. Un carnet à souche atteste de la bonne marche de l'opération.
L'argent ainsi récoltée sert aux achats prévus ce jour. Les camelots, les maquignons, les volaillers et les paysans y trouvent leur compte.

Chez Florentine, c'est le défilé. Toute la famille des villages alentour vient à la foire et laissent dans les dépendances les vélos. Ce sont de drôles d'équipage que ces cages attelées aux vélos. C'est aussi l'occasion, tout comme le dimanche d'échanger des nouvelles, de partager un petit café ou un vin chaud.

Le mois prochain, on reviendra si les poulets ou les lapins sont bons à vendre. Si non, on aura bien quelque chose à acheter.

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